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AFP - Mailly : la conférence sociale "risque d’être plus tendue" que celle de 2012

Paris : Le secrétaire général de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly, a prévenu lundi que la conférence sociale de juin "risque d’être plus tendue que l’année dernière" avec au premier rang des sujets "conflictuels" le dossier des retraites.

"Il y a quelques dossiers qui ne vont pas être faciles", a estimé M. Mailly sur Canal+, quelques heures avant d’être reçu à Matignon pour préparer le rendez-vous des 20 et 21 juin.

Outre le dossier des retraites, le prochain sommet social sera l’occasion d’aborder "toute une série de dossiers conflictuels", a-t-il estimé, en citant "la question du pouvoir d’achat, la question du service public et la question de l’emploi bien entendu".

Pour assurer le financement des retraites, "il n’y a aucune raison qu’on augmente encore la durée de cotisation, elle est déjà en augmentation trop forte selon nous. On est partisans même d’une réduction de cette durée", a déclaré M. Mailly. Si on l’augmente, les générations futures de retraités "partiront avant, avec une décote", a-t-il fait valoir.

"L’espérance de vie en bonne santé depuis le début de la crise a diminué d’un an en France, 62 ans pour les hommes, 63 ans pour les femmes. Et on va continuer à faire travailler plus longtemps ? Ce n’est pas possible", a souligné le chef de file de FO.

Un éventuel bras de fer dans la rue avec le gouvernement sur le dossier des retraites "n’est pas exclu", selon lui, "ça dépend de ce que le gouvernement entend faire".

Pour M. Mailly, "le gouvernement s’est mis dans la seringue de l’austérité" avec le pacte budgétaire européen. "Tant qu’on n’aura pas une croissance économique plus forte, le chômage ne va pas diminuer. Il faut une autre politique", a-t-il martelé.

Les Echos - Réforme des retraites : vers une concertation express avec les partenaires sociaux 

Réunion préparatoire aujourd’hui à Matignon. L’avenir des retraites au cœur de la conférence sociale.

C’est une journée marathon avec les partenaires sociaux pour Jean-Marc Ayrault, qui marque le « top départ » de la réforme des retraites. Entre 8 h 30 et 19 heures, le Premier ministre reçoit à Matignon les huit organisations syndicales et patronales représentatives. Au programme, la préparation de la deuxième conférence sociale du quinquennat, qui se tiendra les 20 et 21 juin. La réforme des retraites, avec la lutte contre le chômage (lire page 3), sera au centre des débats. Promesse de François Hollande, elle doit se traduire dans une loi qui sera « discutée par le Parlement à l’automne », a confirmé la semaine dernière le Premier ministre.

Le temps est donc compté. Début juin, la commission d’experts pilotée par Yannick Moreau remettra ses préconisations. Le rapport explorera plusieurs scénarios de réforme à court terme, visant à rétablir l’équilibre financier du système d’ici à la fin de la décennie et à assurer sa pérennité au-delà. Pour combler le déficit, « il n’y a pas 36 solutions », rappelle-t-on au sein du gouvernement : améliorer les ressources des régimes, en relevant les cotisations ou d’autres prélèvements (CSG des retraités, niches fiscales), comprimer les dépenses, par exemple en limitant la revalorisation des pensions, ou encore agir sur les deux paramètres en même temps.

Un calendrier serré

Rien n’est encore arbitré, affirme le gouvernement. A partir du 20 juin démarrera une période de concertation avec les syndicats et le patronat. Cette séquence sera courte : un mois tout au plus, avant la trêve estivale. Ce qui fait déjà sourciller certains. « Nous craignons une réforme à la hussarde, comme celle de Nicolas Sarkozy, critique Eric Aubin (CGT). Il faudrait laisser du temps à la concertation. En particulier, nous demandons des rencontres réunissant l’ensemble des partenaires sociaux et le gouvernement, et non de simples réunions bilatérales comme en 2010. »« Le calendrier est serré, mais il ne nous empêchera pas d’exprimer notre opposition si les mesures ne nous conviennent pas », prévient Philippe Pihet (FO).

Malgré ces critiques, les syndicats comme le patronat savent qu’il ne s’agit que d’une concertation : le gouvernement pourra tenir compte de leur avis sur certains points, mais c’est bien lui qui décidera. Rien à voir avec les discussions au forceps de 2003 pour obtenir l’aval de la CFDT (lire ci-dessous). « Ce n’est pas une négociation. Il n’est pas question que nous donnions un accord global. La réforme des retraites relève d’abord de la responsabilité de l’Etat », souligne Jean-Louis Malys (CFDT).

Sur le fond, l’exercice s’annonce délicat pour le gouvernement, car les mesures de court terme, destinées à réduire rapidement le déficit, ne satisferont personne. Une désindexation partielle des pensions sera difficile à entériner pour les syndicats, même si certains ont accepté une mesure de ce type pour les retraites complémentaires Agirc-Arrco. La CFDT et FO pourraient en accepter le principe, à condition que les « petites » pensions soient épargnées, mais pas la CGT. Son secrétaire général, Thierry Lepaon, a d’ailleurs prévenu hier sur Europe 1 que « la question des retraites nécessitera une mobilisation d’ampleur des salariés ». Quant au patronat, il redoute l’augmentation (probable) des cotisations qui renchérirait le coût du travail. Il réclame une réflexion sur le financement de la protection sociale dans son ensemble. Mais l’exécutif estime que le crédit d’impôt compétitivité emploi va déjà répondre à cette question.

À noter
La Commission européenne, qui fera des recommandations détaillées à la France à la fin du mois, place le dossier des retraites parmi ses priorités.

Vincent Collen

Les dates clefs
Après les entretiens bilatéraux d’aujourd’hui, le Premier ministre réunira patronat et syndicats ensemble pour une conférence de méthode le 22 mai. Comme en juillet 2012, c’est le chef de l’Etat, François Hollande, qui ouvrira le 20 juin la conférence sociale, de la tribune du Palais d’Iéna, après une réunion à huis clos avec les partenaires sociaux. Le lendemain , après la réunion concomitante de tables rondes, Jean-Marc Ayrault la clôturera en annonçant le programme de travail des 12 mois à venir.


 

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